poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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Sous le ciel de Paris

Daniel Hernandez Morillo (1856-1932).jpg

 

 

Daniel Hernandez Morillo

( 1856-1932)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le trottoir humide où la pluie a coulé

L'automne essaime un grain charbonneux et grisâtre

Qui lape les passants sous le ciel si brunâtre,

Que la Seine afflue enfle au flot qui s' est moulé

D'un tendre ourlet poudreux le gorgeant d'une haleine

Où va s' étendre un vent ourdi d'un bas de laine.

 

 

Des chaloupes ont su languir au bord des quais

Malgré le mauvais temps; pourtant quelques péniches

Glissent d'un flux placide évitant des corniches

Qui soulignent la berge où traînent des taquets

Vers le Pont Neuf, dont les arceaux offerts illustrent

Des bustes et fleurons afin qu'ils ne se frustrent.

 

 

Les clochers du Palais Royal sont embrumés

De nuages poudreux, et la tour de l' horloge

S'est ancrée à l' éther qui la grime en sa loge

La démarquant altière aux pourtours enfumés.

L' Île de la Cité d'une bruine épaisse

Épouse un galbe épars dans cette soie ogresse.

 

 

Plusieurs arbres ocreux s' effanent en lenteur

Malgré qu'une bourrasque épile le feuillage

Qui tombe sur le sol tel un roux gribouillage

Et livre les pavés glissants pleins de moiteur.

Paris sous le frimas a vomi sa froidure

Mais le peintre oint et vêt l' esquisse de dorure.

 

 

Avec l'ondée infime où n'osant s'angoisser

Une nymphe a plié sa verte mousseline

Et dans ses gants en lin maintient la percaline

Contre son corps fluet pour ne pas la froisser.

Entre ses doigts menus elle retient sa coiffe

Afin que l' aquilon fâcheux ne la décoiffe.

 

 

Lors n'ayant peur de se mouiller du muretin

Elle avance et ses yeux se plaisent à sourire,

Où ses minces petons sont prêts à nous séduire

Si délicats à trottiner dans le satin.

Avec son châle rose elle court citadine

Et partage sa joie allègre en baladine.

 

 

Comment point s'enivrer à la voir sautiller

Telle une jouvencelle ailée en sa cadence

Qui dans la capitale a pu l' émoustiller,

Quand son joli minois gigue au brin de sa danse.

 

 

 

 

véronique henry

Juin 2018

 

 

 

 

 

 

 


 

 



25/06/2018
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