poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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Orpheline

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De nombreux voiles noirs avaient saisi mes mains,

Et muselé ma bouche afin que je ne pusse

Gémir dans le couvent sur les pavés romains,

D'une voix orpheline en serrant un capuce .

 

 

Le visage enfoui prisonnière en leurs bras,

Ils m' empêchaient de discerner d'une lucarne

Le mince gabarit qui fuyait. Mon œil darne

Sanglotait tressautait au milieu du fatras

Amoncelé dont je cernais le patatras

D'une chaise tombée entre mes jambes frêles.

Alors s' éclaboussait parmi les vieux cédrats

Ma plainte ayant blêmi vers les blanches marelles.

 

 

La cour grouillait et je rôdais hors des humains

Qui guère ne causaient avec la maigre puce,

Quand j'occupais les bancs usés près des gamins

Affairés à leurs jeux devant la haie en musse.

 

 

Les nuits dans les dortoirs j'implorais sous les draps

La chaleur d'un foyer sans y cueillir querelles,

Et de quitter ces lieux faméliques ingrats

En franchissant les murs des abjectes tourelles.

 

 

 

 

 

véronique henry

Avril 2018

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Puisque je crois qu’il ne suffit plus d’y croire
Que nous sommes tous un peu aveugles
Debout, plantés dans l’intérieur
Puisqu’il est clair qu’il ne suffit plus d’y voir
Où donc ira s’abattre un jour
L’idée qu’on avait de la peur
Où donc ira mourir l’amour
Sans trop y laisser son odeur
Puisque tu dis qu’il faut bien essayer
Où donc ira le cavalier
Quand on l’aura laissé tout seul
Où donc ira le monde entier
Quand il aura fermé sa gueule

 

Toi qui es dans tout
Tu ne rimes à rien

 

Puisque je sais que je ne peux savoir
Que nous sommes tous un peu débiles
Debout, plantés et accessoires
Puisque mon lac n’est pas comme un miroir
Où donc ira mourir le ciel
Quand les oiseaux se s’ront cachés
Où donc ira le matériel
Qu’appellerons-nous l’humanité
Puisque les sens nous seront interdits
Où donc nous faudra-t-il aller
Pour raconter ce qu’on a vu
Et qui osera encore gueuler
Quand tous les chiens se seront tus

 

Toi qui es dans tout
Tu ne rimes à rien

 

 

 

 

 

 

 



30/04/2018
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