poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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La luciole

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Une luciole toute désorientée, affluait avec des mouvements désordonnés parmi l' éther vermeil, et s' effleurait affaiblie à chaque battement de ses ailes. Elle n' en comprenait la raison, et sa lumière phophorescente

diminuait à chaque passé. Elle se désespérait, se lamentait, se demandant comment si prendre pour retrouver sa belle lueur scintillante depuis sa tendre enfance. La frêle luciole regrettait son joli minois aux couleurs verdâtres qui luisait, rayonnait autour de son corps. Ses grandes sœurs en étaient jalousées , et préféraient la délaisser dans leurs jeux favoris, devant sa fulgurante beauté qui éclairait l' ensemble de la forêt. 

 

 

 

Ses rémiges si choyées se froissaient, dépérissaient, et un matin la luciole n' étoilait plus, et ne pouvait frétiller comme elle le désirait. Prenant son courage et le peu de force qui lui restait, elle comprit qu'une maladie s' était développée et décida de chercher un médecin prestement. Mais n'ayant aucune clarté pour cheminer dans la forêt,elle se rendit compte que ses yeux n'y voyaient plus rien sur le chemin qui devenait une réelle torture. Avec toute l' hardiesse qui fléchissait malgré ses gros efforts,

elle se cognait partout, dans les arbres, les buissons, les troncs morts moussus remplis d'odeurs âpres, et tournoyait sans savoir où se diriger. La luciole palote , tremblotait gémissait du noir absolu qui l' effrayait. Pourtant son instinct lui dictait de continuer sa route malgré les ecchymoses sur sa fine peau. Son sang pulsait la chamade, son petit cœur étouffait dans sa poitrine, mais elle persévérait non sans en avoir des nausées. 

 

 

 

 

Après de longues heures à papillonner, elle fut saisie contre ses ailes d'un choc douceâtre qui les amortit. Tâtonnant avec ses mains, elle comprit qu'un muret mollasson lui barrait le sentier.

 

 

–« Qu' est ce donc devant moi ? À mieux y réfléchir, la forme que je sens paraît être un champignon! Je reconnais son odeur si particulière de moisissure! »

 

 

La luciole voulut le repousser, le contourner mais rien ne se fit comme elle l' exauçait!

 

 

–« Oh mais il a l'air géant ce champignon! Comment vais je faire pour poursuivre ma chemin ? »

 

 

s' exclama t 'elle effarée , puis en entendant une porte grincée , elle prit grande frayeur et cria!

 

 

–« Bonjour mademoiselle, que faites vous donc par ici ? Vous avez perdu votre route?

 

 

– N'ayez aucune crainte , je me présente, je me nomme David et je vis dans ce champignon»

 

 

 

La luciole interpellée resta très étonnée au ton de la voix qui se présentait. 

 

 

–« Qui est vous monsieur ? vous me faites peur car hélas je ne vous vois nullement. Mes pauvres ailes sont toutes racornies et je cherche un médecin »

 

 

Répondit t 'elle choquée en grelottant de plus en plus. 

 

 

–« Je suis un petit nain gentillet, rassurez vous belle luciole. Je suis moi même médecin, je vais pouvoir vous soigner, entrez dans mon logis sans avoir de frayeur. 

 

 

–Dites moi les symptômes que vous présentez, et ensuite je partirai cueillir de la mousse, des plantes et des minéraux qui vous seront nécessaires»

 

 

David lui parla en susurrant dans ses oreilles.

 

 

 

 

La luciole réconfortée entra dans le champignon géant et y flaira un bon feu de cheminée qui réchauffa ses ailes mouillées. Elle comprit que cet adorable monsieur l'aiderait, et conversa avec lui de sa maladie soudaine.Il faisait même très chaud et humide dans son nid,et le nain lui proposa une douillette couverture pour qu' elle puisse se détendre sur le lit. L'âtre brûlait une essence particulière que son adorable nez senti. C' était une tendre senteur de conifère qu' elle reconnaissait , la laissant toute rêveuse, relâchée. Ses lèvres et ses joues rosirent devant ce plaisir suprême qu' elle affectionnait. La luciole inspecta la maisonnée interrogative. Il s' y dégageait un bon fumet de propreté qui l' amusa. Pendant que la luciole se réconfortait, le petit nain prénommé David s' affaira autour du foyer tout en lui causant le plus doucement possible. Il fit mariner dans une casserole en cuivre, du thym, du romarin, de la menthe poivrée,du sel, des piments sucrés. La luciole y reconnut l' alléchante saveur du parfum encensé, qu' elle sentait dans ses bois feutrés. 

 

 

 

Au bout d'un certain temps , sans lui évoquer exactement les ingrédients mis, le nain put lui faire déguster quelques gouttes dans un bol préparé avec du miel onctueux. La luciole se lécha les lèvres tellement que la liqueur absorbée lui faisait du bien. Elle en savoura chaque goutte avec délice , et n' avait de brûlure à la gorge, ni dans sa poitrine. Sa bouche gourmande en redemandait encore! Mais il fallait que les plantes agissent lentement.Sans tarder, ses ailettes se déployèrent puis s' activèrent frénétiquement, et jaillit devant ses yeux éblouis le petit nain qui lui souriait d'un air si jovial, que son cœur en fut attendri de voir son image qui la congratulait béatement. La luciole voulut l' embrasser mais elle attendit que le breuvage n 'ayant pas fini de se diluer dans son corps, l' étonne et se mit à pleurer de joie.

 

 

Par intuition, elle étreignit chaleureusement le nain dans ses bras, en le remerciant, en lui disant qu'elle ne l'oublierai . Enfin repue et comblée, la luciole virevolta dans le logis, toute hardie,et volubile. Elle posa un baiser sur les joues de David en lui disant au revoir, puis s' envola en haut des cimes si illuminée, que les arbres la regardèrent stupéfiés. La luciole put alors apercevoir son propre reflet rutilant face aux vieux rameaux. Elle en était toute guillerette, et voyant le chemin qui foisonnait d' herbes et de fleurs étincelantes, elle se rendit le plus vite possible auprès de sa chère famille , en y rencontrant plein d' étoiles lumineuses qui la suivirent. C' était ses sœurs qui l' attendaient inquiètes , fébriles, et lui demandèrent l'incident causé. 

 

 

 

La luciole ne se pria de raconter sa mésaventure et sa rencontre si aimable avec le petit nain. Le soir venu, se sentant très fatiguée, elle se coucha tout en pensant à lui, et décida de le revoir très vite. Dans les jours qui suivirent , la luciole et le nain devenus bons amis, se revirent joyeusement, et décidèrent de ne plus se quitter, tellement qu'ils étaient heureux de leurs connivences. Il régnait auprès du champignon, un ruissellement effervescent de clartés diaphanes continues, qui enflammaient tous les environs. Un arc en ciel se dissémina parmi eux pour mieux les enivrer, et resta englué autour du champignon qui clignotait en permanence. Un prisme éclatant s' était formé , et les deux amoureux n' avaient plus besoins de lumières pour subsister. D'ailleurs ils avaient décidés de ne plus le toucher de peur d'en perdre sa limpidité,et vécurent ainsi jusqu'à la nuit du néant.

 

 

 

 

 

Fin

véronique henry

Décembre 2017

 

 

 

 

 

 



20/12/2017
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