poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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L'ondine

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Quand refleurira le jasmin

Pour que je ne sois si chagrine?

 

 

Quand refleurira le jasmin

Sur l' ensemble de mon jardin?

Je ne perçois encor l' ondine

Ni la lisière de sa main

S'approprier le vieux bassin,

Ni sa chevelure blondine

Qui volette toute en sourdine

Dans l' éther pourpre du matin,

Dès que le soleil se dodine

Auprès d'une gerbe d' ormin

Pour que je ne sois si chagrine.

 

 

Pour que je ne sois si chagrine

Quand refleurira le jasmin?

 

 

Pour que je ne sois si chagrine

Sur la fontaine cristalline,

Verrai je son linon carmin

Se profiler dans la saline

Et se crêper de mousseline

Afin de s'immerger au bain.

J' attendrai que le colombin

Roucoule d'une voix badine

Auprès de son corps séraphin

Pour qu' elle apparaisse en hermine.

Quand refleurira le jasmin?

 

 

 

 

véronique henry

Mars 2018

 

 

 

 

 


 

 

 

elle dort au milieu des serpents 
sous la tonnelle près des marais 
les yeux au-delà des diamants 
qu'elle a incrustés dans ses plaies
elle dit c'est pas St Augustin
qui joue du violon dans les bois
& Paganini encore moins
ça semble étrange mais je la crois
j'ai rien entendu par ici
depuis des siècles & ma mémoire
au fil des brouillards & des nuits
se perd dans les ombres du soir
 
 
 
là-bas, plus loin coule une rivière
qui nous sert de démarcation
enfin j'veux dire pendant les guerres
quand on a une occupation
les spectres des morts lumineux
se promènent la nuit sous les saules
& ceux qu'oublient de faire un vœu
en perdent soudain leur self contrôle
on les r'trouve collés à la pluie
depuis des siècles & ma mémoire
au fil des brouillards & des nuits
se perd dans les ombres du soir
 
 
 
J'ai vu pas mal de filles tomber
souvent là-bas du haut du pont
& faire semblant de se noyer
en chevauchant leurs illusions
elle, elle me fixe tendrement
elle caresse un aspic & dit
rien vu de tel depuis longtemps
oh non, rien de tel, mon ami
pas vu de telles orgies ici
depuis des siècles & ma mémoire
au fil des brouillards & des nuits
se perd dans les ombres du soir
 
 
 
au souffle brumeux des vipères
elle me montre du doigt la sphaigne
où tritons, salamandres en guerre
se battent au milieu des châtaignes
tu sais déjà me murmure-t-elle
qu'il faut séduire pour mieux détruire
& dans un geste & des bruits d'ailes
elle disparaît dans un sourire
puis elle revient et me poursuit
depuis des siècles & ma mémoire
au fil des brouillards & des nuits
se perd dans les ombres du soir
 
 
 
hm... elle joue avec ses serpents
sous la tonnelle près de marais
mais ses visions ne durent qu'un temps
& le temps lui-même disparaît
les heures se courbent dans l'espace
& tournent autour d'un monde ancien
où les lunes s'estompent & s'effacent
en glissant sur un flux sans fin
d'aucuns en cherchent la sortie
depuis des siècles & ma mémoire
au fil des brouillards & des nuits
se perd dans les ombres du soir
 
 
 

Paroliers : Hubert-Félix THIEFAINE

 

 

 

 

 

 



28/03/2018
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