poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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POESIES 2019


En dessous du grenier

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Un léger cri soudain en dessous du grenier

Se fit sentir et remuait hors de la paille.

Qu' était ce donc qui tressautait ? -quelle pagaille !

Seul le vent répondit contre le pigeonnier .

 

 

Aurai-je eu la berlue au fond de la remise 

En ne voyant que du foin sec éparpillé ?

 Certaine j'entendis qu'un bond a sautillé

Malgré qu' Éole sut s'engouffrer à sa guise .

 

 

Une touffe de poil émergea des fagots,

Et vint frôler ma tête ainsi que la soupente.

Aussitôt une hermine a fui de la charpente,

Et toupilla surprise autour de verts ligots .

 

 

Follette elle fonça vers le seuil du vieux porche,

Et sortit au dehors pour nicher dans un creux.

Je fouinai les buis le terrain bruyéreux,

 Nul rongeur ne se plut sous le bout de ma torche .

 

 

J'ai refermé derrière moi le portillon

Qui grinçait sépulcral au cœur de la pénombre;

Or je frémis pantoise à la prunelle sombre

Au pelage si blanc qui surgit du layon .

 

 

 

véronique henry

Avril 2019

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


18/04/2019
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Par delà la cloison

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Serait ce donc une harpe à l'antre de la nuit

Qui vint dans le boudoir flirter sans aucun bruit ?

Ai-je lors divagué sur mon hamac en laine ?

 

 

Du moins j'ai cru l' entendre effleurer mon coussin,

 

 

Et se complaire à mon cou blanc d'une ample haleine,

Qui sut nicher au creux de mon peignoir ouvert,

M'offrant sitôt sa lyre à mon flanc découvert;

Aurai-je ressenti vraiment la cantilène ,

 

 

Par delà la cloison et flairer mon coussin ?

 

 

Oh que le soir me prît folâtre en son essaim,

Dès qu'il perçût le bel accent clair d'une corde

Qui me raviva plus qu'un baume d' apocyn *,

Où je compris l' ouïe au cœur de mon naissain,

Qui pour les celtes l'ont aimée or sans discorde !

 

 

 

 

véronique henry

Avril 2019

 

* apocyn : plante botanique 

 

 

 

 



13/04/2019
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Auprès d'un buisson

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Vers le fossé de la ravine

J'ai cru voir le ris d'une enfant,

Qui tenant un bout de badine

Aimait muser avec le vent .

 

 

Oh pourquoi près d'une chaumine*

Pensai-je à cet émoi troublant ?

Vers le fossé de la ravine

J' ai cru voir le ris d'une enfant .

 

 

Au bord d'un buisson d' églantine,

Le coucou des près ondulant

M' attendait dessous la colline;

Quel doux régal ce fut vraiment !

 

 

Vers le fossé de la ravine

J'ai cru voir le ris d'une enfant,

Qui tenant un bout de badine

Aimait muser avec le vent .

 

 

 

véronique henry

Avril 2019

 

 

* chaumine: chaumière 

 

 

 

 

 

 

 



11/04/2019
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L' exode

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Quel vrai repos enfin quand le soir me recouvre !

Dès que Nyx ébaudit son mohair qui s' entr'ouvre ,

Et vient se faufiler entre le lin moelleux .

 

 

Dès lors un long mutisme advient parmi la chambre,

 

 

Qui m' alloue un plaisir suave et non usant .

Comment ne pas flirter avec Vénus ! Elle ouvre

Ainsi le seuil aux corridors que je découvre

Pendant mon lourd sommeil qui se sent fort grisant .

 

 

 

Sitôt part cet exode hors de la tiède chambre,

 

 

Qui n'entend plus le vieux beffroi carillonné,

Aucune effraie hôlée à travers la bourgade *,

Ni les pas résonnants proches d'une rocade;

Rien ne peut le surprendre ! Il fuit nul chiffonné,

Lorsque Râ le révoque et s'infiltre en la chambre.

 

 

 

 

 

véronique henry

Avril 2019

 

 

 

* hôler : crier comme une chouette

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


07/04/2019
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Malgré la nuit

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Oh pourquoi s' est figée ainsi la lune

Sur la lagune ?

Quelle infortune où mes yeux ont noirci

Subitement de son faisceau non blossi *!

Qui ne rayonne plus dans la callune *.

 

 

Mais qu'est ce donc au milieu de la dune

Parmi l' embrune *

De couleur prune ? - Étant debout minci ;

Oh pourquoi s' est figée ainsi la lune

Sur la lagune ?

 

 

Malgré la nuit tout près d'une vieille hune*

Verdâtre et brune,

Je vis Neptune , Oh ciel , qui s' épaissit

Au dehors du ressac ayant forci ;

Lors , je compris l' échange et ma lacune !

 

 

Oh pourquoi s' est figée ainsi la lune

Sur la lagune ?

Quelle infortune où mes yeux ont noirci

Subitement de son faisceau non blossi *!

Qui ne rayonne plus dans la callune *.

 

 

 

 

véronique henry

Avril 2019

 

 

* blossir : devenir trop mûr pour un fruit

* callune : bruyère

* hune : plate-forme élevé sur un bateau

* embrune: airelle 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



03/04/2019
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