poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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POESIES 2018


L'odeur du vent

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À ne sentir l' odeur du vent sur mon museau,

J'en perds le goût et le chagrin m'enserre ferme

Qu'il s' embrunit de ne flairer le mûr roseau,

Qui se plie à la brise ayant blessé mon derme.

 

 

D'entendre au loin le gazouillis d'un chant d'oiseau

Mon cœur s'épuise étouffe à ne suivre une berme

Qui me sépare en mon flanc gris de nul mezzo.

 

 

Que s'enfuit le remords à n' enfanter ma source

Qui se tarit d'être inutile en ruisselant

Sous mon lin chaque jour et me nuit sans ressource,

Quand l' épreuve est saumâtre à mon feu chancelant.

 

 

Pourtant il me plairait d'errer au bord de l'Ource

Et d' inhaler l'humus sur son layon galant,

Mais le mythe s' écourte et ne flirte ma course.

 

 

 

 

véronique henry

juin 2018

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


22/06/2018
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Au tréfonds de mes pleurs ( glose )

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Quand je me sens mourir du poids de ma pensée

Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur

D'un courage inutile affranchie et lassée,

Je me sauve avec toi dans le fond de mon cœur.

 

 

Marcelline- Desbordes- Valmore

(1786-1859)

L' absence.

 

 

 

 

 

 

 

Assise sur un banc à ne pouvoir cueillir

Les champignons au breuil avec leur brassée,

Mon teint pâlot rumine et se prête à faillir

Quand je me sens mourir du poids de ma pensée.

 

 

Vaine à devoir ne plus vieillir j'en perds la vie,

Mon premier râle a commencé d'être en langueur,

Que je n'ose contrer ma géhenne asservie,

Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur.

 

 

Les morsures du temps m'ont terni sans regret

Et m'ont guidé d'un suc amer, où concassée

Mon âme a joint chagrine un souvenir aigret

D'un courage inutile affranchie et lassée.

 

 

Au tréfonds de mes pleurs je perçois leur chimère

Qui me ramène au doux frisson de ta liqueur,

Depuis ton baume a su panser l' éphémère

Je me sauve avec toi dans le fond de mon cœur.

 

 

 

véronique henry

Juin 2018

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


17/06/2018
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Avec la pluie

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Âpre est le ciel sous la pergola fraîche,

Quand l' aquilon fait trembler les rameaux

Des peupliers au devant d'une brèche

D'un treillage accessible aux étourneaux.

 

 

Le chèvrefeuille éclos se tord fragile

Et se chiffonne à la volée agile,

Dès que l' éther brasse tous les fagots.

 

 

Les pivoines grenats avec la pluie

Ont su farder des gouttes par milliers

Dans leur vase implanté contre une fuie,

Dont mon œil pleure ainsi les foliés.

 

 

La grêle a laminé la roseraie

Ayant transi la fougue d'une effraie,

Et je me navre au sort des prunelliers.

 

 

 

 

Véronique-henry

Juin 2018

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

11/06/2018
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Suivre une étamine

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Aucuns bouquets de fleurs ne viendront parfumer
Mon nid étant reclus auprès de sa litière,
Sans désormais pouvoir les cueillir. Ma verrière
S' est tarie à regret et semble s'embrumer
D' être non encensée au pollen qui s' absente
Dans le cruchon désert afin qu'il ne s' incante.

Derrière la fenêtre un soupir meut éclot
À la suite d'un rai lustral qui me lamine,
Et force mon regard de suivre une étamine
Dès qu' elle vrille en l'air ses faines dans un flot;
Que de spasmes freinés à travers ma poitrine
Et qu'ils se soient moisis sur ma bouille chagrine.

Cloîtrée en mon boudoir et ne pouvant humer
Une effluve effluente au creux de ma feutrine,
J' escompte que ce fiel veuille tôt s' exhumer.

véronique henry

Juin 2018

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

j'aime rôder vers les fleurs perdues 
dans les jardins sauvages 
aux parfums d'ardoises & de rues
des villes avant l'orage
la rosée de leurs yeux trop mauves
reflète une lumière
qui conduit parfois les vieux fauves
& les anges en enfer
 
j'aime rôder vers les fleurs perdues
dans les jardins sauvages
& m'égarer dans les ciguës
& dans les saxifrages
sentir la chair d'une figue verte
qui s'offre lentement
sur le rose d'une corolle ouverte
à mon souffle tremblant
 
j'aime rôder vers les fleurs perdues
dans les jardins sauvages
aux nuances des gris bleus des grues
des banlieues de passage
le velours de leurs lèvres humides
à l'ombre de leurs voiles
m'entraîne & m'attire vers le vide
où murmurent les étoiles
 
j'aime rôder vers les fleurs perdues
dans les jardins sauvages
aux parfums d'ardoises & de rues
des villes avant l'orage
suivre le jeu d'une étamine
sur un œillet violet
qui s'entrouvre & qui s'illumine
d'une larme de lait
 
 
 

08/06/2018
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Hors de l' ormille

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 Je m' étais aperçue aux trilles dans le bois

Que leur musique enflait les accents d'un hautbois

Afin de les mêler au milieu des griottes.

                                                                            


Les passereaux flûtaient au dessus de nos fronts
Et fredonnait le breuil sans aucunes riottes,
D'où bondirent mes pieds n' ayant subi d' affronts
Sur leurs babils près des murets de gariottes.

Ainsi grisé du concerto mon tendre cœur
Palpita si troublé que l' unisson du chœur
S'intensifia clair en l' immense charmille.

Hélas le dru sentier fut semé de silex
Que je n'avais pu voir hors de la verte ormille,
Quand sitôt se tordit ma jambe en un vortex
Dont mugit mon haro couché dans l' alchémille .

véronique henry

Juin 2018

 

 

 

 


 


05/06/2018
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