poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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POESIES 2018


Dans mon recoin

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S' est étoffé l' éther d'un mantelet poisseux

Qui ne veut plus quitter l' enceinte du vieux porche.

Il plombe les vitraux et des plumets crasseux

Où rechignent mes doigts d' écrire sous la torche.

 

 

Pourtant quelques lueurs brillent sur les trottoirs,

Mais mon âme alentie est placide aux ampoules

Qui brasillent le bourg tels de vastes bougeoirs

Annonçant que Noël consolera les foules.

 

 

Dans mon recoin au chaud je contemple l'hiver

Qui sous sa nuée offre un ciel toujours couvert;

Oh que cette saison trépasse à vive allure !

 

 

L' horloge a beau compter les heures sans rayure,

Hélas mon sein contrit guette un rayon ardent

Qui lui fera lâcher ce guêpier si mordant.

 

 

 

 

véronique henry

Décembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


09/12/2018
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La vieille bâtisse

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Je me revois devant l' âtre qui ne crapote

Nuls rondins ni fagots. Les murs se sont roidis

Hélas sous les embruns quand la mer les rabote.

 

 

 

Plus un mortel ne vit au milieu des hourdis

Qui jonchent le plancher vermoulu par le lierre,

Où les rocs graniteux se sont longtemps verdis

 

 

 

Au lichen , à la mousse ayant crû sans lumière. 

Seul le foyer résiste au chaos perpétré

Par l'usure du temps sur l' antique chaumière.

 

 

 

Dans la bruyère il geint, se morfond empêtré

Malgré le vent qui porte haut sa voix; la hêtraie

L' entend et le bardit répond au ton outré.

 

 

 

Sur ce terroir breton mêlé de mûreraie,

Mon cœur d'enfant comprit le gain de mes aïeuls.

Lors la vieille bâtisse et l' ample fougeraie 

 

 

 

Ont ému ma mémoire autant que maints linceuls .

 

 

 

 

 

véronique henry

Novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 


20/11/2018
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Vers d'autres contrées

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Le vent qui vient me mordre au creux de mes oreilles

Se plait à me conter son babil sur mon cou ;

Il y déploie un charme auquel mon ris d'un coup

Se met à musarder au milieu des corneilles.

 

 

De ressentir son souffle, oh, combien apaisant,

Mes affres ont filé parmi d'autres contrées,

Et ne reviendront pas au sein de mes soirées .

Enfin je me sens libre à son bécot grisant .

 

 

Le raffut des corbeaux au bord des blanches crêtes

Me fait lever les yeux sur leurs ébats criards,

Qui dans la pinède ont retenti si gaillards,

Qu'ils n'effraient mon parcours au dessus des arêtes.

 

 

Que tourbillonne encor Éole avec son grain

Sur ma joue éclairée à la rousse lumière

Qui m' offre la sagesse au cœur de ma chaumière ;

Ah que j'aime flâner muser sans nul chagrin .

 

 

 

 

 

véronique henry

Novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


09/11/2018
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Novembre

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Novembre avec la pluie apporte son empois

Qui vient brouiller, souiller les tombes funéraires,

Ainsi que les fleurs téméraires

Qui sous la bruine ont su garnir toutefois,

Les stèles ayant pu se draper linéaires

Entre les murets des laraires.

 

 

Oh que ce mois est terne en son crachin visqueux,

Malgré les beaux tapis ornés de chrysanthèmes

Qui prêtent des airs de bohèmes,

Auprès du cimetière et de l' éther aqueux.

Ils forment des bouquets qui foisonnent suprêmes

Sur les marbres et ne sont blêmes.

 

 

Dès que la Toussaint point le nez plein de poudrin,

J'entends son lourd ressac que l' orémus grisonne

Au tréfonds de mon cœur imbibé de chagrin,

Qui me dirige en son écrin.

 

 

Le deuil est un convoi dense qui me chiffonne,

Il gangrène l' émoi chargé de trop d' embrun;

Oh que ce jour funèbre agonise, abandonne

La bourgade où mon pleur frissonne.

 

 

 

véronique henry

Novembre 2018

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


01/11/2018
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Seule parmi la flore

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Sous le vent les roseaux bruissent calmement,

Leur friselis chuchote un air qui naît sans cage

Annonçant que l' automne advient sereinement,

Dès que des échassiers grouillent sur le bocage.

 

 

Une paix vient m' étreindre et fait chigner mes yeux,

À regarder les migrateurs qui prolifèrent

Au milieu des limons fertiles, spongieux.

Rien ne détourne lors mes iris qui s' affairent.

 

 

Quand le matin enfante un rai sur les hauteurs

Du plateau labouré , je n'ai nulles moiteurs

À toucher la lueur nacrant de grands genièvres.

 

 

Seule parmi la flore, oh, que j'entend frémir,

Et que le noroît danse où courent plusieurs lièvres,

Loin des humains sitôt mon cœur ne sait gémir.

 

 

Je prie alors que les chasseurs ne soient si mièvres.

 

 

 

 

véronique henry

Octobre 2018

 

 

 

 

 



28/10/2018
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