poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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POESIES 2017


L'air hiémal

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Un ciel d' étain plombe le bourg naissant

D'une tenture âpre sur la tonnelle,

Où le grésil génère en ritournelle

Un suage visqueux évanescent.

 

 

Calme et profond en dessous la lanterne

Le trottoir luit désert, où glapissant

Un pauvre chien jappe dans son poil terne.

 

 

Mon cœur fléchit de se voir si brumal

Devant l' écran morne qui le chagrine.

 

 

Trop de brouillard frelate fantomal.

 

 

La nuit bourdonne en son fard qui greline

Et mon soupir y suinte lacrymal.

 

 

Malgré l'essor auprès du quai d'un sterne

Qui déroute mes yeux, l' air hiémal

Me refroidit tout contre une taverne.

 

 

Il étouffe ainsi donc mon pas glissant,

Et le jardin moisit dans sa brunelle

Au milieu du sanglot d'une moinelle,

Qui m' aperçoit vers le portail grinçant.

 

 

 

véronique henry

décembre 2017

 

 

 

 

 

 


 


25/12/2017
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Malgré la morosité

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À consulter le vent qui susurre emmiellé,

Je perçois ton empreinte en la brumaille grise

Qui se forme imprégnée au relent de la brise,

Stimulant mon émoi prêt à s'y consteller.

 

 

Malgré le froid serti du crachin engrêlé,

Mon affect ne se perd au gré de notre emprise

Qui me guide à ta voix sans aucune méprise,

À te chercher dans le guéret aquarellé.

 

 

Ma sève se revêt d'une écharpe arrimée

Au fond de tes yeux clairs et qui se sent aimée,

Pendant que le brouillard m' enlace intimement

Dans la morosité de l' hiver qui m' enserre.

 

 

Même étant séparé notre hymen sourdement

Ne se flétrit et se détruit, il prolifère

Au contact onctueux du linon qui gaiement

Dans sa tige nous tient liés et ne s' altère.

 

 

 

 

véronique henry

Décembre 2017

 

 

 

 

 

 



20/12/2017
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Quelques flocons

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Quelques flocons nourrissent le gazon.

 

 

Une étole ouatée en la campagne

S'est échouée auprès de l' horizon.

 

 

Alors l'aube rosie oint d'un fin givre

L'empreinte de mes pieds sur le terreau,

Où ma foulée inlassable semble ivre.

 

 

Le matin frissonnant de pâmoison

Se réveille alourdi d'un froid qui gagne

Le bourg silencieux, dont l' éléagne

Sur l'arbousier gémit sans floraison.

 

 

Un mantelet recouvre en son sillage

Mes sourcils pourprés, quand paraît un sirop

Assez gluant sur l'infécond feuillage.

 

 

La neige virevolte en couvaison

Enfouissant la toile d'une aragne.

 

 

Quelques flocons nourrissent le gazon.

 

 

 

véronique henry

Décembre 2017

 

 

 

 

 

 



10/12/2017
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L' âge d'or s' est fêlé

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Au fond de mes pensers j'entendais un tambour

Vibrer à l' unisson sans flairer ma détresse.

Aussi doux qu'un satin il semait le labour

D'un ferment si serein allant plein de tendresse.

 

 

 

Dans le creux d'une main j'avais senti l'amour,

Qui me comblait en son écrin avec ivresse

À ne jamais y défaillir d' aucun détour;

Mais un sillon a su stagner sur notre tresse.

 

 

 

L'âge d'or s' est fêlé d'un lent fendillement,

Qui fit glapir mes vieux os sourds habilement,

Devant le glas tôt éploré d'une fontaine

Qui coulait en ma lymphe et sur mon tronc miteux.

 

 

De flotter et nager grisâtre,ma futaine

Se moisira d'un germe en son flacon piteux.

D'être ainsi départi dans sa pauvre mitaine

Désormais mon layon vivotera nuiteux.

 

 

 

véronique henry

Décembre 2017

 

 

 

 

Un poète musicien québécois à dévouvrir : Jeff Moran, 

Un de mes adorés attitrés!

 

 

 

 


 


05/12/2017
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Les champeaux endeuillés

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Les frimas ont nourri les arbres effeuillés

Près d'une roselière emplie, un pan d'ombre jaunâtre,

Dont un ruban poudrait les champeaux endeuillés,

Annonçait que l' hiver accostait trop bellâtre

En la berge roidie.

 

 

Quelques hérons charnus grouillaient dans le marais

Se réchauffant à la lueur si flavescente,

Que les terroirs se pigmentaient de tons surets

Quand le soleil blondit en l'eau luminescente

Sur la prêle roidie.

 

 

Le noroît palpitait hardi dans les fourrés,

Ils plièrent tordus devant l'immense souffle

Qui s'engouffrait rétif en les prés labourés,

Semant de la poussière enduite et qui s'essouffle

De ma bouche roidie.

 

 

Les sentiers empoissés s' alourdirent soumis,

Guettant le moindre afflux qui jamais ne renonce

À s'emporter convexe auprès de grands tamis

Amoncelés à cet endroit, d ' où se dénonce

Une brise roidie.

 

 

Mon œil rivé sur ce décor s' émancipait

Dans la blonde lumière aussitôt sirupeuse,

Dont s' emmiellait mon corps d'un feu qui s' agrippait

Autour de mes cheveux défaits. Ainsi pulpeuse

La ramure est roidie.

 

 

 

véronique henry

Novembre 2017

 

 

 

 

 

 


 

 


28/11/2017
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