poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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Dans le parc

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Sous la moire lunaire ayant lustré le parc

Un profil se devine et se faufile allègre,

Sans se préoccuper d'un buste avec son arc

Qui bouge et lui sourit d'un air allant intègre.

 

 

La silhouette accourt entre les troncs diffus

De quelques peupliers d'une foulée agile,

Sans voir que la statue a des gestes confus

Et lui tend une main qui n'est point si fragile.

 

 

La force d'une flèche atterrit sur le sol

Près de l' ombre fugace; elle prend peur, approche

Faisant craquer le grain du fruit d'un carossol,

Et s'enfuit brusquement derrière une ample troche .

 

 

Le visage caché d'un enfant apparaît

Et soudain entrevoit sa sœur dessous le rai.

 

 

 

 

véronique henry

Décembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


23/12/2018
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Dans la chambre opaque

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J'avais cru pressentir dans la nuit un gros souffle

Était ce le fredon du vent qui me berçait ?

 

 

À travers mon sommeil advint un lent murmure

Au creux de mon oreille, et qui se dispersait

Dans la chambrée opaque auprès de ma figure,

Me réveillant atone au frisson qui perçait .

 

 

J'avais cru pressentir dans la nuit un gros souffle

Était ce le fredon du vent qui me berçait ?

 

 

N' avais je pas dormi sans fermer le linteau

De la fenêtre ? Ah non ! quel était ce baroufle

Qui demeurait sur moi tel un douceâtre étau ?

Seul l'essor de mon cœur rebondit en sa moufle.

 

 

J'avais cru pressentir dans la nuit un gros souffle

Était ce le fredon du vent qui me berçait ?

 

 

Oh pourquoi m' effrayer devant la mélopée 

Qui retenait mon flanc et me bouleversait ?

Sans doute un rêve avait su glaner sa flopée

Et mon imaginaire allègre l' enlaçait .

 

 

J'avais cru pressentir dans la nuit un gros souffle

Était ce le fredon du vent qui me berçait ?

 

Des visiteurs jouaient alors sur ma pantoufle

Et pourléchaient mon nez ronflants tels des félins;

Oh j'avais oublié mes chats et ma mitoufle !

Ces sphinx tant aimés musaient sur mes vélins.

 

 

 

J'avais cru pressentir dans la nuit un gros souffle

Était ce le fredon du vent qui me berçait ?

 

 

 

 

 

 

véronique henry

Décembre 2018

 

 

 

 

 

 

 



11/12/2018
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Dans mon recoin

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S' est étoffé l' éther d'un mantelet poisseux

Qui ne veut plus quitter l' enceinte du vieux porche.

Il plombe les vitraux et des plumets crasseux

Où rechignent mes doigts d' écrire sous la torche.

 

 

Pourtant quelques lueurs brillent sur les trottoirs,

Mais mon âme alentie est placide aux ampoules

Qui brasillent le bourg tels de vastes bougeoirs

Annonçant que Noël consolera les foules.

 

 

Dans mon recoin au chaud je contemple l'hiver

Qui sous sa nuée offre un ciel toujours couvert;

Oh que cette saison trépasse à vive allure !

 

 

L' horloge a beau compter les heures sans rayure,

Hélas mon sein contrit guette un rayon ardent

Qui lui fera lâcher ce guêpier si mordant.

 

 

 

 

véronique henry

Décembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


09/12/2018
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La vieille bâtisse

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Je me revois devant l' âtre qui ne crapote

Nuls rondins ni fagots. Les murs se sont roidis

Hélas sous les embruns quand la mer les rabote.

 

 

 

Plus un mortel ne vit au milieu des hourdis

Qui jonchent le plancher vermoulu par le lierre,

Où les rocs graniteux se sont longtemps verdis

 

 

 

Au lichen , à la mousse ayant crû sans lumière. 

Seul le foyer résiste au chaos perpétré

Par l'usure du temps sur l' antique chaumière.

 

 

 

Dans la bruyère il geint, se morfond empêtré

Malgré le vent qui porte haut sa voix; la hêtraie

L' entend et le bardit répond au ton outré.

 

 

 

Sur ce terroir breton mêlé de mûreraie,

Mon cœur d'enfant comprit le gain de mes aïeuls.

Lors la vieille bâtisse et l' ample fougeraie 

 

 

 

Ont ému ma mémoire autant que maints linceuls .

 

 

 

 

 

véronique henry

Novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 


20/11/2018
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Vers d'autres contrées

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Le vent qui vient me mordre au creux de mes oreilles

Se plait à me conter son babil sur mon cou ;

Il y déploie un charme auquel mon ris d'un coup

Se met à musarder au milieu des corneilles.

 

 

De ressentir son souffle, oh, combien apaisant,

Mes affres ont filé parmi d'autres contrées,

Et ne reviendront pas au sein de mes soirées .

Enfin je me sens libre à son bécot grisant .

 

 

Le raffut des corbeaux au bord des blanches crêtes

Me fait lever les yeux sur leurs ébats criards,

Qui dans la pinède ont retenti si gaillards,

Qu'ils n'effraient mon parcours au dessus des arêtes.

 

 

Que tourbillonne encor Éole avec son grain

Sur ma joue éclairée à la rousse lumière

Qui m' offre la sagesse au cœur de ma chaumière ;

Ah que j'aime flâner muser sans nul chagrin .

 

 

 

 

 

véronique henry

Novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


09/11/2018
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