poesieirisienne- véronique henry -poésies classiques

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Enclosée

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Tel un pétale enduit qui perle de rosée,

Mon cœur las ne sait plus comment il doit sécher,

Hormis Râ qui pourrait toutefois l' empêcher

De se morfondre à la nuée entreposée .

 

 

Il aimerait pourtant que ne soit enclosée*

La brèche au creux du ciel ayant crû s' épancher,

Mais le fruit de l'hiver ne veut nul détacher

L'once de sa grenaille étant non disposée .

 

 

Suis-je à ce point frileuse au madras fait d'airain

Qui plombe ainsi l'aurore hélas sans aquarelle ?

Dès que la nuit expire auprès de mes vitraux .

 

 

Plus aucun clapotis derrière les barreaux

Ne vient tambouriner les murs de ma tourelle,

Verrai-je enfin Phébus me sortir du pétrin ?

 

 

 

 

véronique henry

Mars 2018

 

 

 

* encloser : enfermer

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


17/03/2019
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Au dehors nulle trêve

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Ne sentant point venir nulle trêve au dehors,

Depuis que le noroît forcit, grossit, s' étoffe,

Le gîte s' est reclus cloîtrant ses corridors,

Pour qu'il ne soit frileux au vent qui l' apostrophe.

 

 

Auprès de ce vortex qui le frappe à retors,

Le cottage ne peut bannir la catastrophe

Qui soudain le conduit à clamer ses remords,

Durant le fol assaut irrité qui l' agoffe *.

 

 

 

Il crie au désespoir, mais le chaume du toit

S'arrache hélas en vrac dans l'air avec sa paille :

« Quelle abjecte tempête » ! Hurle-t-il à foison .

 

 

Or, aucun paroissien ne l' entend ni le voit .

Seul désormais craignant d'être pris en tenaille,

Il fuit son nid d'où s' écroulait une cloison .

 

 

 

véronique henry

Mars 2019

 

 

* agoffer : être agressif 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


14/03/2019
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Sur le gazon

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Vais-je glaner déjà les brins drus au ton parme

Qui pullulent sur l'herbe ? Hélas il ne me plaît

De vouloir les ôter car brille leur reflet.

Vais-je glaner déjà les brins drus au ton parme ?

 

 

 

Pourtant leur fraîche odeur ainsi me bouleverse,

Dois-je les cueillir donc sur le gazon moussu ?

Mes mains les flétriront  sans doute à leur insu .

Pourtant leur fraîche odeur ainsi me bouleverse .

 

 

 

Lors, pourquoi ramasser ces pourpres violettes 

Ayant su tapisser le sofa du jardin ?

Partout leur miel pistil glousse avec grand dédain !

Lors, pourquoi ramasser ces pourpres violettes ?

 

 

 

 

 

 

véronique henry

Mars 2019

 

 

 

 

 

 

 



10/03/2019
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Sans les camélias

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Qu'il ne me ravit pas de vouloir me morfondre

À guetter des bourgeons nuls éclos prêts à pondre !

 

 

Les camélias vont bientôt s' enorgueillir ,

Mais le mois de Mars a décidé que la grêle

Devait lors les noyer pour mieux les voir faillir.

 

 

Ah qu'il me nuit alors de me sentir si frêle !

 

 

Le grésil crépitait avec intensité

M' empêchant de sortir. J'invitais la clémence

Du ciel à s' aérer pour sa limpidité,

 

 

Afin qu'elle enrobât leur corolle non rance .

 

 

 

Qu'il me plairait surtout de vouloir correspondre

Au milieu de ces fleurs hormis de les confondre !

 

 

Déjà leurs bois charnus ont appris à feuillir, 

Et n'ont jamais eu peur de pousser en la prêle

Qui les a protégés pour ne pas tressaillir.

 

 

Hélas j'aurais aimé saisir la calandrelle ,

 

 

Émettre un chant clairet plein de fluidité,

Contre leur tige ayant crû parmi sa romance;

Or l' hiver s' entêtait dans leur fécondité .

 

 

Comment ne pas trembler sans leur sépale dense ?

 

 

 

 

 

véronique henry

Mars 2019

 

 

 

 

 

 


 

 


04/03/2019
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Au creux de ma mémoire

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un grand merci à Maria-Dolorès pour sa mise en page

 

 

 

 

 

 

Debout face au ressac j'entends un gros boucan,

Mais je n'y prête aucune attention . La houle

Qui vocifère alors, me convoite en son camp

Pour que je la contemple à s' esclaffer si soûle.

 

 

Au bord du quai la brise emporte un grand tonneau,

Qui frotte et va heurter le rempart de la digue .

 En miettes il se casse auprès d'un vieux canot

Dans un chahut sonore assez long qui m' intrigue.

 

 

Sitôt quelques haillons de bois sont ramenés

Près de l' embarcadère ; ils se brisent glanés

À l' assaut d'une vague ayant roidi ma robe.

 

 

Des sternes ont crié par dessus le ponton,

Et font lever ma tête afin qu'elle s' englobe,

À leurs vols sur l' écume habillée en coton.

 

 

Oh que ce souvenir me trouble et se dérobe

Au creux de ma mémoire aimant hanter la mer,

Où j' y revois mes chers défunts sans grain amer.

 

 

 

 

 

véronique henry

Mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


01/03/2019
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